Tibari Kantour : écrire dans la chair même du papier

Posted in Artistes galerie with tags , on août 16, 2009 by resrei

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 » Je propose à chacun I’ouverture des trappes intérieures, un voyage dans I’épaisseur des choses, une invasion de qualités, une révolution ou une subversion comparable a celle qu’opère la charrue ou la pelle lorsque tout a coup et pour la première fois sont mis a jour des millions de parcelles, de paillettes, de racines, de vers et de petites bêtes jusqu’alors enfouis « 

Francis Ponge

C’est à Rabat dons la maison de Pauline de Mazières (sa galerie « I’atelier » Fut la première à monter le travail de cet artiste en novembre 1989 après son long séjour en Belgique) que j’ai découvert « mon » premier
Tibari Kantour: un petit carré de papier dans les camaieux roses dégradés, orné de trois points rouges rappelant les ornements des poteries de Fès feuille humble, mouvante, essentielle…
L’exposition que lui a consacré mon collègue de l’institut Français de Casablanca, Jean-François Marguerin, m’a confirmé I’intense poésie de cette oeuvre subtile, le rapport intime de l’artiste avec un matériau épousé, labouré, transformé, I’enchantement d’une palette douce et joyeuse, où les pourpres et les jaunes d’or célèbrent la vie dans sa dimension la plus spirituelle.
Des signes ou écritures esquissées zèbrent parfois I’espace coloré où transparaissent le veinures d’une feuille a demi broyée.
On sent sourdre le sève des arbres dans ces oeuvres sur lesquelles flotte un parfum d’humus, d’épices, et de mousses blondes. Et parler de I’arbre, c’est parler de I’homme dans sa globalité, de son rapport à la nature, de sa pensée poétique et mythologique, de sa capacité à créer et à nous enchanter
Ainsi est née I’idée de confier à Tibari Kantour le projet d’une exposition dédiée à I’arbre, à I’occasion d’une visite à Sidi Maâchou, lieu austère et sans concession où travaille I’artiste.
Nous avions gagné ce lieu par des chemins cabossés et battus par le vent froid de I’ Atlantique proche. Les nuages vagabondaient dans un ciel chargé d’humidité La voiture zigzaguait, dansait sur la route au fil des paroles et des rires légers de Tibari.
C’est ici à Sidi Maâchou que I’on comprend mieux le combat obstiné de I’artiste avec la matière dont il extrait ces grandes feuilles souples, grumeleuses, striées par la pulpe du bois. Car Tibari Kantour fabrique lui même les supports de ses rêves éveillés. Cuves, étendoirs, presse, séchoir, lourds maillets en bois de pin sont ses premiers compagnons d’aventure dans le processus artisanal qui précède la recherche artistique.
Du levage des feuilles, à la mise en couleurs et en espace, cette connivence, cette maîtrise d’un savoir faire donnent ainsi à I’oeuvre de Tibari Kantour un coté tactile, mois aussi une complétude liée à la proximité de la main et de I’esprit.
C’est là aussi, dans ces murs chaulés, exposés aux intempéries et ouverts à I’infini de I’horizon que I’on touche à I’extrême solitude dans laquelle Tibari Kantour explore un monde imaginaire, secret, qui s’épanouit en grands a plats de couleurs dans I’espace du papier aux frontières ondulantes
Impression devant ces oeuvres d’être à I’aube des premiers matins du monde, dans cette lumière lisse comme I’eau, cette eau essentielle pour I’élaboration du papier.
Poésie portée à son incandescence René Char eut aimé cet artiste en quête permanente d’un univers enfoui, mystérieux, qu’il nous restitue avec tendresse et précaution.
Nous ne pouvons vivre que dans l’entrouvert, écrivait le poète, exactement sur la ligne hermétique de portage de I’ombre et de la lumière..
C’est sur ce seuil que nous porte le travail de Tibari Kantour
Les racines et I’arbre, la terre et le ciel, le papier et la peau, le dit et I’indicible, le clair et I’obscur, tout est dans cette oeuvre qui invite au voyage intérieur, au-delà des conventions artistiques et culturelles.
Merci Tibari Kantour d’avoir accepté de venir à Marrakech avec ces oeuvres spécialement conçues pour elle.
Car I’arbre ici, dans ce désert qui s’écoule au pied du Haut Atlas, est devenu trop rare, humilié par I’homme pressé et insouciant. II fallait rendre à i’arbre sa beauté et sa nécessité et qui d’outre qu’un artiste pouvait mieux le faire que vous ?
Merci aussi d’être venu avec vos étranges machines à broyer, malaxer, étirer cette matière première qui constitue le support de votre travail occasion unique pour les marrakchis d’entrer avec votre complicité dans l’alchimie de vos rêves.

Souné Prolongeau – Wade
Directrice de I’IFM

La galerie Res Reï, qui s’est longtemps consacrée aux rapports écriture-peinture, est heureuse de pouvoir en association avec l’A.C. Casablanca, que dirige Aziz Hazime, présenter une page consacrée à l’oeuvre de Tibari Kantour . Vous la trouverez dans la colonne de droite ci-contre ainsi que divers liens renvoyant aux sites de cet artiste d’exeption.

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Aziz Stitou : les encres mémoire de la lumière

Posted in Artistes galerie, Uncategorized with tags on juin 29, 2009 by resrei
Voyage au pays d’Aziz Stitou

Cliquez sur l’image pour suivre le diaporama. Dans la colonne de droite, vous trouverez une page, contenant plusieurs dossiers, consacrée à Aziz Stitou.

Mariette Forges, la générosité, la sensualité et l’humour

Posted in Artistes galerie with tags , on juin 29, 2009 by resrei
Mariette Forges

Cliquez sur l’image puis sur diaporama ( haut gauche)

Maru : un hymne au vivant, le toujours recommencé

Posted in Artistes galerie with tags , on mai 13, 2009 by resrei

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« Les choses ne sont jamais achevées, mais continuellement recrées, transformées par des forces qui s’écroulent dans les phénomènes. Les choses sont des assemblages de forces contraires et le monde est un mélange qui doit sans cesse être remué pour qu’elles y apparaissent. »

Héraclite d’ Ephese

Dans quelques jours, La galerie Res Reï entamera une nouvelle page, consacrée au travail de l’artiste vénézuélienne Maru, Maria Hernandez, qu’elle a très souvent exposée.

Cliquez sur Fluidité dynamique du vivant

Mouvements de fond autour de l’oeuvre de Jacqueline Chardon Lejeune

Posted in Uncategorized with tags , on avril 25, 2009 by resrei

jacqueline-chardon-lejeune-par-cc En attendant un site propre, Resreï’s Blog héberge dans une page que vous trouverez dans la colonne de droite le fonds documentaire consacré à l’animatrice de la Galerie Poisson d’Or, galériste novatrice s’il en fut, Jacqueline Chardon-Lejeune.

Un groupe d’amis tente de rassembler  sa mémoire et l’ensemble des plasticiens qui auront travaillé avec elle. Il prépare une exposition au chateau de Saint Auvent (87) à l’horison de l’été 2010

Ils seront tous là : Hairabedian, Aïni, Marc Petit, Barraud…

Les premières réponses à notre appel commencent à nous parvenir, touchantes, riches d’émotion et l’expo prend corps. Nous sommes déjà une quarantaine, pourtant nous n’avons pas encore réussi à joindre tout le monde et nous comptons un peu sur vous pour faire circuler l’info.

Ils ont donné leur accord :

Philippe Aïni, Tatiana Alamos,  Nicolas Artheau,  Badia, René Barraud, Jacques Bercut, Jacques Bouttier,  Jean-Claude Caffin, Liliane Camier, Colette Corneille, Jean  Estaque, Christian Derlin, Ismet Dogrü, Dominique Erret, Philippe Delessert,  Joëlle et André Thabaraud, Marielle Genest, Lionel Schewzuck, Henri Hairabedian, Yves Henry,Carol Houssais, Yseult Houssais, Christel Laché, Jacques Lefort, Legodgo, Francis Lavoute, Anne Mangeot, Stephane  Marie, Marie Chrystine Miara, Olivier Orus, Marc Petit, Alain Plouvier, Guillaume Ponsin, Claude Pouget, Vincent Prieur, Moniq Robert, Chantal Roux, Paul Savy, Maria Hernandez, Léa Sham’s, Joël Thépault, Roly Vaer, Claudine Wick, Louis Romain Bard,  Rosemonde Dargentolle et la danseuse Hyonok Kim qui fera le voyage depuis la Corée .

Alain Plouvier et le continuum

Posted in Artistes galerie on avril 16, 2009 by resrei

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…depuis toujours la même image du monde : celle d’un continu (…) il y a sans doute une peinture sans cadre ni milieu, sans envers ni endroit, sans haut ni bas, qui n’emprunte rien au jeu de la représentation, sans le décalage entre l’idée et la forme, sans l’opposition entre le peintre et le spectateur, une peinture qui l’invite et non qui l’agresse, sans fond ni forme, une peinture « une » qui est toute matière : c’est-à-dire tout esprit….

Lettre à un ami, Claude Lagoutte

Alain Plouvier  exposera du 26 Avril au 14 Juin 2009 à l’Espace Arabesque, 26 Grande Rue , à Loches, 37600. Expo ouverte  du vendredi au dimanche à partir de 15h ou sur rendez vous 02 47 91 91 45 espace.arabesque@wanadoo.fr

Vernissage le dimanche 26 Avril 2009 de 11h à 19h

Vous trouverez le chemin du site d’ Alain Plouvier dans la colonne à droite ci-contre

KABILA, en expo à Paris, 25 Avril-6 Mai, REC Galerie

Posted in Artistes galerie with tags on avril 16, 2009 by resrei

REC Galerie, 13, rue Ste Anastase, 75003, Paris. Métro Saint Paul ou Chemin vert  .

Du mardi au samedi, de 15 à 19 h. Vernissage le samedi 25 Avril à 19h .

Vous trouverez le lien vers le site de Kabila dans la page qui lui est reservée dans la colonne ci-contre ainsi qu’une vidéo tournée à Las Negras